Réforme Formation, pourquoi un tel changement ?

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Une réforme des statuts et de la formation induit toujours des interrogations, des inquiétudes. Le mot d'ordre est posé, il faut faire de "l'apprentissage par compétences". L'idée de ces « épisodes » n'est pas de revenir sur les principes et les concepts de cette méthode pédagogique mais de faire un focus sur ceux qui depuis de décennies sont dénommés "formateurs".

épisode n°1, Notre histoire, Notre avenir …

       épisode n°2, La réforme formation « sapeur-pompier », un nouvel horizon ?

Episode 3 - Pourquoi un tel changement ?

Il est souvent évoqué que les SDIS sont dans la phase finale de leur période d’adolescence. L’heure d’une nouvelle maturité. Cela ne touche pas que la formation, mais nous resterons centrés sur ce domaine. Si une étape départementale est initiée en 1955, la professionnalisation dans sa forme contemporaine est jeune (1972), l’écriture de règles nationales aussi (entre les années 50 à 73 en fonction des sensibilités), la montée en puissance des structurations encore plus récente (départementalisation de 1996). Outre le RIM de 1953, c’est aux alentours des années 90 que les GNR viennent unifier les pratiques en France. Nous ne devons et devrons pas oublier que cette « entrée réglementaire » par la formation a permis à toutes les forces opérationnelles de France de disposer d’un langage commun référencé, de pratiques unifiées.

Considérons que le RIM est l’acte 1, l’acte 2 les GNR, la réforme en cours : l'acte 3.

Ces derniers ont la spécificité d’imposer avec rigueur une forme, une organisation, des emplois du temps, des séquençages pédagogiques commun à tous les SDIS. Et pourtant nos moyens techniques, humains, financiers sont souvent bien différents d’un territoire à l’autre. Alors les organisations se sont adaptées mais parfois les variations ont amené à sortir de la règle écrite. De fait, les SDIS ont revendiqués ces dernières années une approche permettant l’adaptation aux contraintes locales d’organisation.

De plus le contexte global a changé, les difficultés du développement du volontariat s’amplifient et la formation est souvent décriée comme étant un frein au recrutement. Au-delà de l’univers sapeur-pompier, le monde évolue et nous ne pouvons, nous ne devons pas nous dissocier de ces changements. Les sciences sociales ont évolué et mis en évidence que l’apprentissage des adultes est spécifique. L’accès aux savoirs, les technologies, le développement d’Internet modifient le rapport aux savoirs. Les générations ne sont plus les mêmes, la fameuse génération Y dite « why ? » interpelle et interroge sur tous les sujets. On nous promet une génération Z, celle dites des « C » - Communication Collaboration Connexion, Créativité.

En conséquence, la méthode pédagogique - PPO, si elle reste une méthode pédagogique performante dans certaines situations, ne peut plus être la méthode unique et dicté.

Nos organisations ont besoin de plus de réalité avec « leur terrain » et d’outils de gouvernance permettant l’adaptation au contexte local tout en restant dans un contexte global conforme et partagé !  Penser global, agir local !

A ce titre, avec un schéma dans lequel la nation définit des compétences nationales (partageables, identifiées, reconnues de tous), qu’elle fixe des doctrines et des techniques nationales (issues de contraintes opérationnelles, juridiques et d’expériences), cela permet au local de construire un dispositif en congruence avec ses propres moyens (techniques, financiers, humains). C’est la compétence attendue en mission qui importe, c’est là que nos citoyens jugerons notre efficience. L’organisation de la formation lui importe peu. C’est au SDIS de créer un dispositif adapté à son environnement, ses contraintes, son organisation afin de faire atteindre à ses personnels les capacités attendues en formation et les compétences requises en opération.

En savoir plus sur les notions relatives à nos référentiels

Mais alors dans ce panorama, qui va former ? Nos forces vives